Le crowdlending (ou crow lending) vous permet de prêter directement de l’argent à des entreprises en échange d’intérêts, sans passer par une banque. Moins risqué que le crowdfunding immobilier, plus rentable qu’un livret : voici le guide complet et le comparatif des meilleures plateformes en France en 2026.

Qu’est-ce que le crowdlending (crow lending) ?

Le crowdlending — aussi orthographié crow lending ou crowlending — est une forme de financement participatif où des particuliers prêtent de l’argent directement à des entreprises ou porteurs de projets, en échange d’intérêts. Contrairement à un livret bancaire où c’est la banque qui prête à votre place, ici vous devenez vous-même le prêteur.

Concrètement : une PME qui a besoin de 200 000 € pour financer son développement emprunte cette somme auprès de centaines de particuliers via une plateforme de crowdlending agréée. Vous investissez par exemple 500 €, et vous percevez des intérêts mensuels pendant 12 à 60 mois.

Crowdlending vs crowdfunding immobilier : quelle différence ?

Ces deux termes sont souvent confondus. Voici la distinction essentielle :

CritèreCrowdlending (PME)Crowdfunding immobilier
EmprunteurPME, TPE, startupsPromoteurs immobiliers
Durée12 à 60 mois12 à 36 mois
Rendement moyen4 à 9% brut8 à 12% brut
Taux de défaut2 à 5% (October ~3%)18,64% (AMF, 2025)
GarantiesCaution dirigeant, nantissementHypothèque, garantie réelle
Principales plateformesOctober, Raizers, PretUpHomunity, La Première Brique, Anaxago

Le crowdlending PME offre des rendements plus modestes mais des taux de défaut historiquement plus bas que le crowdfunding immobilier, qui a été sévèrement touché par la crise du secteur en 2023-2025.

P2P lending France : comment ça marche concrètement ?

Le P2P lending (peer-to-peer lending, ou prêt entre particuliers) est le terme anglais du crowdlending. En France, son fonctionnement est encadré par l’AMF depuis la réglementation européenne PSFP (Prestataire de Services de Financement Participatif), obligatoire depuis novembre 2023.

Le processus en 5 étapes :

  1. Vous créez un compte sur une plateforme de crowdlending agréée AMF
  2. Vous consultez les projets disponibles avec leur note de risque, taux d’intérêt et durée
  3. Vous investissez le montant souhaité (souvent 20 € minimum) sur un ou plusieurs projets
  4. L’entreprise rembourse mensuellement capital + intérêts
  5. Vous récupérez votre argent progressivement, avec les intérêts nets de flat tax (30%)

Comparatif plateformes crowdlending : les meilleures en France en 2026

Voici les principales plateformes de crowdlending actives en France en 2026 :

PlateformeSpécialitéTicket min.Rendement cibleTaux de défaut
OctoberPME européennes1 €4 à 7%~3% (un des plus bas)
RaizersPME + immobilier1 000 €7 à 10%Modéré
PretUpPME françaises20 €5 à 8%Modéré
LendosphereÉnergies renouvelables50 €4 à 7%< 2% (secteur très sûr)
EnerfipÉnergies renouvelables10 €4 à 6%< 2%

Notre recommandation : October reste la référence du crowdlending PME en France avec le meilleur historique de track record et un taux de défaut parmi les plus bas du secteur. Lendosphere et Enerfip sont idéaux pour les investisseurs cherchant un profil de risque très faible.

Investissement P2P : les risques à bien comprendre

L’investissement P2P comporte des risques spécifiques à anticiper avant d’investir :

Le risque de défaut

Si l’entreprise emprunteuse fait faillite, vous pouvez perdre tout ou partie de votre capital. Les plateformes sérieuses procèdent à un scoring rigoureux mais aucune ne garantit le capital. October affiche un taux de défaut autour de 3%, bien inférieur à la moyenne du marché du crowdfunding immobilier (18,64% en 2025).

Le risque de liquidité

Votre capital est bloqué jusqu’à la fin du prêt. Certaines plateformes proposent un marché secondaire pour revendre vos créances, mais la liquidité reste limitée. Ne placez pas en crowdlending des fonds dont vous pourriez avoir besoin rapidement.

Le risque de plateforme

Si la plateforme elle-même fait faillite, vos prêts doivent en principe être gérés jusqu’à leur terme par un prestataire tiers (obligation légale pour les plateformes PSFP). Mais la situation peut être complexe, comme l’a montré la faillite de Koregraf dans le crowdfunding immobilier.

Crowdlender : qui peut investir ?

Devenir crowdlender — c’est-à-dire investisseur particulier sur une plateforme de crowdlending — est accessible à tous. Voici les conditions habituelles :

  • Être majeur (18 ans)
  • Avoir un compte bancaire français ou européen
  • Passer un test de connaissance investisseur (obligatoire sous la réglementation PSFP depuis 2023)
  • Certaines plateformes appliquent un plafond d’investissement pour les non-initiés (souvent 1 000 € par projet initialement)

Comment choisir sa plateforme de crowdlending ?

5 critères à vérifier avant d’ouvrir un compte :

  1. Agrément PSFP (AMF) : vérifiez sur le registre ORIAS que la plateforme est bien agréée. C’est obligatoire depuis fin 2023.
  2. Taux de défaut historique : demandez le rapport annuel ou consultez les forums d’investisseurs (notamment Pretup Forum, Reddit r/investissement).
  3. Ticket minimum : October dès 1 €, PretUp dès 20 € — adaptez à votre capacité de diversification.
  4. Diversification sectorielle : une plateforme exposée à un seul secteur (ex. restauration) est plus risquée.
  5. Présence d’un marché secondaire : permet de revendre vos créances avant échéance si nécessaire.

FAQ — Crowdlending et P2P lending

Quelle différence entre crowdlending et crowdfunding ?

Le crowdfunding est le terme générique qui englobe tous les types de financement participatif : don, prêt (crowdlending), equity (actions) et immobilier. Le crowdlending est donc un sous-ensemble du crowdfunding, spécialisé dans le prêt aux entreprises avec intérêts.

Les intérêts du crowdlending sont-ils imposables ?

Oui. Les intérêts perçus sont soumis à la flat tax (PFU) de 30% (12,8% d’impôt sur le revenu + 17,2% de prélèvements sociaux). Ils ne peuvent pas être logés dans un PEA ou une assurance-vie.

Peut-on déduire les pertes en capital en crowdlending ?

Oui, depuis la loi Pacte : les pertes en capital suite à un défaut sont déductibles des intérêts perçus sur l’année en cours et les 5 années suivantes. C’est un avantage fiscal important qui réduit l’impact réel des défauts.

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